IV

Du haut de cette chaire, daigne,
Par le seul souci d'équité,
Creuser ta plaie sainte bréhaigne,
Pardonne ma frivolité.

Par le seul souci d'équité,
Nul ne prédomine en ton règne.
Pardonne ma frivolité,
Il n'est que le jour qui imprègne.

Nul ne prédomine en ton règne,
Tu me montras la cécité.
Il n'est que le jour qui imprègne,
L'enfer est de pluralité.

Tu me montras la cécité,
Plus rien que la courbe n'enceigne,
L'enfer est de pluralité,
Je t'épouse toi et ta duègne.
Par Zacharie - Publié dans : Une
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III

Je ne vois qu'impartialité,
Plus rien qu'autre chose n'enceigne.
Pardon pour ma frivolité,
Chaque est souverain sous ton règne.

Plus rien qu'autre chose n'enceigne,
Par l'évidence d'équité,
Chaque est souverain sous ton règne
Mes larmes servent l'acuité.

Par l'évidence d'équité,
Un mot du contraire s'imprègne.
Mes larmes servent l'acuité,
Je t'épouse sainte bréhaigne.

Un mot du contraire s'imprègne,
Il n'est plus rien qui n'a été,
Je t'épouse sainte bréhaigne,
L'enfer est de pluralité.



Par Zacharie - Publié dans : Une
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II

Ma graine a nature d’épeautre

Et reine, l’or où tu te vautres,

Humide effusion,

N’est que l’intrusion,

De mon illusion

Dans les champs stériles de l’autre.

 

Pour fleurir je n’ai de bagout,

Et je chus au fond de l’égout.

C’est la langue morte,

Ô, l’unique sorte

Qu’à travers ta porte,

Tu ne trouvas pas à ton goût.

 

Le passé stagne en un fumoir

Dans l’attente d’un allumoir.

Le son de crécelle

Donne l’étincelle

Et embrase celle

Qui se méprend quand au semoir.

 

Le passé meurt et c’est charmant,

Des circonvolutions d’amant.

Se frotter la panse,

Une seule danse,

Vaste mécréance

En territoire nécromant.

 

Mais, preste, la chute offrit l’air

Suffisant pour rompre la chair.

Et dans l’embuscade,

Les coups en cascade,

Et toute estocade

Ne me rendront qu’encor plus clair.

 

D’ici où j’ai choisi de choir

Je tiens le bas du crachoir.

Le cœur accélère,

J’aurai la colère

Car l’on ne tolère

Le perroquet qu’à son perchoir.

 

D’ici je donne le baptême

A tout porteur de l’anathème

Car j’ai découvert

Que les plus pervers

Mots de l’univers

Sont les deux premiers de « je t’aime »

 

L’apprenti aux mille bassesses

Transi au pied de ses maîtresses

Par désir puissant

D’engins vagissants

Aura, vieillissant,

Le seul attrait de la rudesse.

 

Je suis Zacharie franc-tireur

Qui bannit du verbe l’erreur.

Langue de vipère,

Qui plus ne tempère

Me voici le père

Potentiel des éclaireurs.

 

Par Zacharie - Publié dans : Une
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I

C’est une autre nuit que plus rien n’abrège,

Prends garde à ton sang oreille têtue.

Le blanc est l’accord, des couleurs l’arpègent.

Je puis me parler, te comprendras-tu ?

 

Il n’est pas un doute, aveugle stratège,

Qui habite encore au point de vertu.

C’est un pieux serment, lexique tortu,

C’est une autre nuit que plus rien n’abrège.

 

Langue de roquet, lèvres de hotu,

Bavant l’âcre philtre anti-sortilège.

Fait corps accueillant, point de sacrilège,

Prends garde à ton sang oreille têtue.

 

La peur qui effraie d’un tourment m’allège.

Louvoyeux rhéteur proprio motu,

Ou-bien franc-tireur au sein dévêtu ?

Le blanc est l’accord, des couleurs l’arpègent.

 

J’ai dîné d’un lièvre et d’une tortue

Mais loin de ta table et mon privilège.

Aujourd’hui, assis sur le spicilège,

Je puis me parler, te comprendras-tu ?

 

C’est l’abysse offert à l’épée d’agrège,

Le borgne radieux dorant le fétu,

La stance sacrée filant impromptue,

C’est l’absence d’ombre au désert de neige,

C’est une autre nuit.

Par Zacharie - Publié dans : Une
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Une



Par Zacharie
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C'était une âme simple dénuée de maux,
Candide pour certains, d'autres, énigmatique,
Car toujours elle avait un sourire angélique
Et toujours la chaleur des gestes et des mots.

A l'aube elle quittait son paisible hameau
Pour rejoindre ses soeurs auprès des anémiques,
Des malades sans nom, blêmes, fantomatiques,
A l'hospice fondé par feu l'abbé Gourmaud.

Quand elle vit ces yeux durant cette nuit brune,
Elle sentit monter un souffle de rancune,
Pour la première fois, ressentit le tourment.

"L'amour seul est beauté car il pousse toujours
L'âme à plus de combats vers la gloire et l'amour."
Et la vierge baisa le corps de son amant.

(Avril 2001)
Par Zacharie - Publié dans : Sanctuaires
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Le pèlerin avait gémi comme un martyr
Et rêvait d'oripeaux et de trompettes d'or
Etendu à l'hospice, aux portes de la mort,
Durant cette nuit brune où l'âme doit partir.

Une soeur au front blanc caressait sans mot dire
La main presque glacée quand l'éclat d'un cri fort
Retentit, et des yeux révulsés par l'effort,
De la fixer alors, juste avant de mourir.

Après quelque trente ans, la Grand Littérateur,
Dans un effort de plume à sa seule hauteur,
Avait in-extremis réuni les amants.

"Seule la beauté reste après que tout s'éteigne,
Que les bras de l'amour à tout jamais me ceignent."
Et l'homme trépassa dans la paix du moment.
Par Zacharie - Publié dans : Sanctuaires
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"Christ a touché les hommes et brisé les tables,
Et la pensée fut chair et la chair mouvement.
La caresse du corps, seul écrit véritable,
Devint rayon de foi et gouffre de tourments.

Je combattrai encor les visions mâtines,
Opposant aux ardeurs qui saigneront les pores,
L'espoir au bel éclat de la pourpre enfantine,
Au regard du vivant, oeuvrerai pour les morts.

J'essaierai d'autres mots, stérile quémandeur,
Poserai ma main terne entachée d'impudeur
Aux pieds parfumés de quelque froide abbesse.

Mais l'icône de glace au verbe du trépas,
L'agissante inconnue de frigide noblesse,
Sera sourde, étrangère et ne me verra pas.
Par Zacharie - Publié dans : Sanctuaires
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En elle, sans mot dire, découvrait la douce,
L'amère, l'épicé, charmes du fruit choisi.
Erectile ophidien se mouvant par secousses,
En route sous la peau, dégustait l'ambroisie.

Puis elle s'attacha dans une affreuse brousse,
Digne des jungles noires de Papouasie,
A dresser un totem sur un tapis de mousse,
Pour retrouver la flamme d'anté-poésie.

En elle fut l'onguent de ces aigres traumas
Par lesquels les cieux au grand aigle dama.
En elle plus que fou de ne trouver qu'absence,

Il reflua sans mot, vers les grottes sans fond,
Pour connaître la nuit par le feu de son front
Et s'abreuver aux lèvres de toute naissance.
Par Zacharie - Publié dans : Sanctuaires
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"Dans le creuset d'orgueil, vous distinguâtes l'autre,
Et pour pouvoir marcher sur les traces d'Abel,
Pour pouvoir comparer, pétrîtes un modèle,
D'Aphrodite et d'Hymen vous réclamant l'apôtre.

Vous voulûtes chérir la flamme dans le sombre,
Et jugeant de l'éclat, le centre et le contour,
Séparant en l'esprit la nuit d'avec le jour,
Créâtes les frontières entre l'être et l'ombre.

Il faut fendre le crâne où naquit le blasphème,
La haine est infinie autour de ce qu'on aime.
Peintre du relief, partiale entité,

Je vous condamne à vous fondre dans l'unité;
La souffrance n'est pas, pas plus que la laideur,
Votre existence aurait été plus qu'une erreur."
Par Zacharie - Publié dans : Sanctuaires
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